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Le portrait de Camille : apprentie menuiserie au Bâtiment CFA de Nièvre

Portrait d'apprentie

27 janvier 2020    -    Catégorie : ACCUEIL, Apprentissage, Peinture

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Ce 21 janvier, nous sommes allés à la rencontre de Camille, apprentie en BP menuiserie au Bâtiment CFA de Nièvre qui nous a fait le plaisir d’échanger sur son métier et ses ambitions. Que dire de Camille si ce n’est que pour elle, la menuiserie est une affaire de famille ! D’un grand-père, père et frère menuisier, la jeune apprentie beigne dans cet univers depuis son plus âge. Présentation.  

Inter. : Bonjour Camille, comment ça va ? 

 

C. : Bonjour, ça va super bien merci ! 

 

Inter. : Tu peux te présenter un petit peu ? 

 

C. : Bien sûr, j’ai 18 ans et cela fait maintenant 4 ans que je suis en apprentissage. J’ai fait une troisième classique à l’issue de laquelle j’ai obtenu mon brevet. J’ai directement enchaîné sur un CAP menuiserie. Je savais exactement ce que je voulais faire. 

 

Inter. : As-tu rencontré des freins au cours de ton inscription dans une formation bâtiment ? 

 

C. : Alors oui. Notamment au collège, où les parcours en apprentissage étaient totalement négligés. Du coup, lorsque j’ai exprimé mon souhait de vouloir intégrer un CFA à la fin de ma troisième, le collège s’est opposé fermement à ma décision, estimant que mes résultats étaient trop bons et que de ce fait, c’était du “gâchis” de me laisser dans cette voie. Mon proviseur avait même dit que l’apprentissage était « réservé au Segpa » ! 

 

Inter. : C’est pas terrible comme remarque… 

 

C. : Du tout, surtout qu’il s’agit de véritables préjugés. Les formations en apprentissage sont même privilégiées sur le marché du travail. Mes parents et moi-même, on a vraiment dû se battre pour pouvoir m’inscrire dans la formation que j’avais envie de faire ! C’est fou. 

 

Inter. : Contente de voir que tu as finalement obtenu ce que tu voulais ! 

 

C. : Pareil ! 

 

Inter. : Comment se passe ton apprentissage ? 

 

C. : Je travaille dans l’entreprise familiale, dans une société créée par mon grand-père et tenue actuellement par mon père. On s’entend tous très bien, surtout avec mon père et frère qui sont avec moi en atelier. Évidemment, c’est mon père qui m’a donné envie de faire ce métier. Je sais que certaines filles peuvent se plaindre de l’ambiance trop masculine qu’il peut y avoir dans certaines entreprises, mais personnellement, je ne suis pas confronté à ce problème. Je passe la majorité de mon temps en atelier, le chantier c’est un autre monde, c’est plus éprouvant. À l’atelier, il y a des outils de levage, le chauffage… C’est mieux. 

 

Inter. : L’entrepreneuriat n’est pas quelque chose que tu envisages ? 

 

C. : Ah bah non, je vais pas faire de concurrence à mon père (rires) ! 

 

Inter. : Le rythme de l’apprentissage c’est aussi une semaine de cours par mois. Comment tu appréhendes ce retour sur les bancs de l’école ? 

 

C. : C’est sûr, je préfère de loin être en milieu professionnel ! Mais le fait d’avoir qu’une seule semaine de cours me permet d’apprécier les moments aux CFA. Et puis, il y a des cours que j’apprécie vraiment, comme les classes de dessin où on prend le temps de poser nos pièces sur papier. 

 

Inter. : Comment se passe la formation dans cet univers à 99% masculin ?  

 

C. : J’ai toujours était la seule fille, jusqu’à ce que j’arrive en BP ou j’ai rencontré une autre apprentie. Honnêtement, être la seule fille dans ces classes pleine de garçons ne m’a jamais dérangé. J’ai l’habitude maintenant et ça se passe même très bien. On a aussi des petits privilèges qui m’arrangent bien (rire) !

 

Inter. : Il y a encore très peu de femmes en menuiserie, c’est d’ailleurs un des secteurs les moins mixtes du bâtiment. Quelles sont les raisons de cette absence de mixité selon toi ? 

 

C. : Aujourd’hui, les métiers sont accessibles à tout le monde. Mais il y a encore beaucoup de clichés qui perdurent. Bien sûr, il peut arriver que certaines filles rencontrent des soucis sur les chantiers, des remarques… Mais ça arrive dans absolument tous les métiers. C’est une problématique générale au final. Dire que c’est plus marqué dans l’univers du bâtiment, c’est un cliché. 

 

Inter. : Nous sommes conscients d’avoir une responsabilité dans la mixité de nos formations. Selon toi, quelles actions devrions-nous mener pour attirer plus de filles dans nos établissements ? 

 

C. : Il faut se rendre dans les collèges, présenter les formations, casser les clichés… Il y a beaucoup de travail à ce niveau-là, mais on sent que ça bouge très vite ! En tous cas moi, je suis très heureuse dans ce que je fais et je ne regrette pas du tout ! 

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